Le Fou

 Le Fou est celui qui continue d’avoir confiance en dépit de toute son expérience passée. Vous l’abusez et il vous fait confiance, vous le trompez de nouveau et il vous fait confiance, à nouveau vous l’abusez et il continue de vous faire confiance. Alors vous dites qu’il est stupide, qu’il n’apprend jamais. Sa confiance est immense, sa confiance est si pure que personne ne peut la corrompre.
Soyez un Fou dans le sens Taoïste, dans le sens du Zen. N’essayez pas d’ériger un mur de savoir autour de vous. Quelle que soit l’expérience qui se présente à vous, laissez-la advenir puis lâcher la. Continuez sans relâche à nettoyer votre mental, continuez à mourir au passé de manière à rester dans le présent, ici et maintenant, comme si vous veniez de naître, comme un bébé.
Au début cela sera très difficile. Le monde commencera à abuser de votre confiance, laissez les faire. Ce sont de pauvres êtres. Même si vous êtes trompé, abusé et volé, laissez cela se produire car ce qui est véritablement vous, ne peut pas vous être volé. Ce qui est véritablement vous, personne ne peut vous le soustraire. Et chaque fois où vous ne laissez pas les circonstances vous corrompre, cette opportunité deviendra une intégration intérieure. Votre âme deviendra plus cristallisée.

Commentaire :

D’instant en instant, avec chaque pas, le Fou laisse le passé derrière lui, il ne porte rien d’autre que sa pureté, son innocence et sa confiance, symbolisées par la rose blanche tenue dans sa main. Le motif sur son pourpoint contient les couleurs des quatre éléments du Tarot, indiquant qu’il est en harmonie avec tout ce qui l’entoure. Son intuition est à son apogée.
En cet instant, le Fou a le soutien de l’univers pour effectuer son saut dans l’inconnu. L’aventure l’attend dans le fleuve de la vie.
La carte indique que si vous vous fiez à l’instant même en votre intuition, en votre perception de la justesse des choses, vous ne pouvez pas vous tromper. Vos actes peuvent paraître comme insensés aux yeux des autres, y compris aux vôtres si vous essayez de les analyser avec le mental rationnel.
Pourtant l’endroit “zéro” qu’occupe le Fou est le nombre sans nombre ou confiance et innocence sont les guides et non pas scepticisme et expérience acquise.

Le Maître

Le maître n’enseigne pas la vérité car celle-ci ne peut pas être transmise. Ce que le maître vous enseigne va plus loin : cela dépasse les textes el les mots. Il s’agit d’une énergie qu’il active en vous, une sorte de synchronicité. Vous devez vous approcher du maître avec un grand amour, une confiance complète et le cœur ouvert. Vous ne savez pas qui vous êtes. Lui, par contre, sait qui il est et qui vous êtes. Comme la chenille qui ignore qu’elle peut devenir un papillon, vous êtes cette chenille, à savoir des bodhisattvas. Toutes les chenilles deviennent des bodhisattvas et tous les bodhisattvas étaient des chenilles. Les bodhisattvas peuvent se transformer en papillon qui lui peut devenir le bouddha : il porte en lui ce potentiel car il est un bouddha en essence.

Commentaire :

Dans le zen, le maître ne domine pas autrui car il est maître de lui-même. Chacun de ses gestes et chacune de ses paroles reflètent l’être illuminé qu’il est. Il n’a pas de buts personnels ni le souhait que les choses soient différentes de ce qu’elles sont. Ses disciples se rassemblent autour de lui, non pas pour le suivre mais pour s’imprégner de sa présence et pour être inspirés par son exemple. Dans les yeux du maître, vous voyez votre propre vérité et dans son silence, vous tombez plus facilement dans le silence de votre propre être. Si vous pouvez trouver un tel maître, vous êtes béni. Dans le cas contraire, continuez à chercher. Apprenez tout ce qui est à apprendre auprès d’enseignants et de prétendus maîtres et poursuivez votre chemin. Charaiveti, disait le Bouddha. Continuez, allez toujours plus loin.

 

L'existence

Vous n’êtes pas accidentel, l’existence a besoin de vous. Sans vous quelque chose manquerait dans l’existence et personne ne peut le remplacer.
C’est ce qui vous donne votre dignité, le fait que l’existence entière vous regrettera.
Les étoiles, le soleil et la lune, les arbres, les oiseaux et la terre, tout dans l’univers ressentira qu’un petit espace est vacant et qu’il ne peut être rempli par personne d’autre que vous.
Cela vous donne une immense joie, un contentement, celui de sentir que vous êtes relié à l’existence et que l’existence se soucie pour vous. Une fois que vous êtes épuré et clair, vous pouvez percevoir l’immense amour qui vient à vous depuis toutes les directions.

Commentaire :

Cette figure nue est assise sur la feuille de lotus de la perfection, contemplant la beauté du ciel nocturne. Elle sait que « chez soi » n’est pas un lieu physique mais une qualité intérieure de relaxation et d’acceptation. Les étoiles, les roches, les arbres, les fleurs, poissons et oiseaux – tous sont nos frères et sœurs dans cette danse de la vie. Nous, les êtres humains avons tendance à l’oublier tandis que nous poursuivons nos objectifs personnels et croyons que nous devons nous battre pour obtenir ce dont nous avons besoin. En fait, notre sens de la séparation n’est qu’une illusion engendrée par les étroites préoccupations du mental.
Le moment est maintenant venu de regarder si vous vous permettez d’accepter ce don extraordinaire de vous sentir « à la maison » où que vous soyez. Si vous vous le permettez, assurez-vous de prendre le temps de le savourer afin qu’il puisse s’intensifier et ne plus vous quitter. Si, par contre, vous avez ressenti que le monde est là pour vous posséder, le moment est venu de faire une pause. Sortez ce soir et contemplez les étoiles.

La voix intérieur

Si vous avez découvert votre vérité en votre fort intérieur, alors vous n’avez plus rien à chercher dans l’existence. La vérité s’exprime à travers vous. Lorsque vous ouvrez les yeux, c’est la vérité qui ouvre ses yeux. Lorsque vous les fermez, c’est la vérité qui baisse les paupières. Une telle méditation est magnifique. Si vous comprenez ce simple principe, vous n’avez plus rien à faire puisque tout ce que vous faites est manifesté par la vérité. Vous marchez et c’est la vérité qui se déplace. Vous dormez et c’est la vérité qui se repose. Vous parlez et c’est la vérité qui s’exprime. Vous êtes silencieux et c’est la vérité qui ne dit rien.

Commentaire :

Parfois dans la vie beaucoup trop de voix semblent nous tirailler de tous les côtés, ce qui entraîne en nous une confusion qui nous incite à chercher le calme et l’harmonie en nous-même. Nous pouvons alors entendre notre propre vérité.

La créativité

La créativité est cette qualité que vous apportez à ce que vous faites. C’est une façon d’être, une disposition intérieure, une façon de regarder les choses.
Tout le monde ne peut pas être peintre et il n’en est également nul besoin. Si chacun devient peintre, le monde sera alors très laid. Il sera difficile d’y vivre. Tout le monde ne peut pas être un danseur et il n’en est nul besoin. Mais tout le monde peut être créatif.
Quoi que ce soit que vous fassiez, si vous le faites avec joie, si vous le faites avec amour, si votre acte n’est pas purement économique, alors il est créatif. Si vos actes émanent d’une croissance intérieure, vous font grandir, alors ils sont spirituels, créatifs, divins. Plus vous êtes créatif, plus vous devenez divin.
Toutes les religions du monde ont dit que Dieu est le créateur. Je ne sais pas s’il est le créateur ou pas mais je sais une chose : plus vous êtes créatif, plus vous devenez divin. Lorsque votre créativité arrive à son zénith, lorsque votre vie entière devient créative, vous vivez en Dieu. De ce fait il doit être le créateur car les gens qui ont été créatifs ont été le plus proche de lui. Aimez ce que vous faites, soyez méditatifs dans vos actes, quels qu’ils soient.

Commentaire :

Issue de l’alchimie de l’eau et du feu venant du bas et de la lumière divine entrant par le haut, la figure de cette carte est littéralement « possédée » par la force créatrice.
L’expérience de la créativité est réellement une entrée dans le mystérieux. La technique, la compétence et le savoir-faire ne sont que des outils. La clé est de s’abandonner à l’énergie qui donne naissance à toutes choses. Cette énergie n’a ni forme ni structure bien que toutes les formes et les structures émanent d’elles.
L’expression que prend votre créativité ne fait aucune différence. Ce peut être la peinture ou le chant, jardiner ou cuisiner. L’important est d’être ouvert à ce qui cherche à s’exprimer à travers vous. Souvenez-vous que nous ne possédons pas nos créations, elles ne nous appartiennent pas.
La créativité authentique est le fruit d’une union avec le divin, avec le plan mystique et l’inconnaissable. C’est alors tout à la fois une joie pour le créateur ainsi qu’une bénédiction pour autrui.

Le rebelle

Les gens ont peur, très peur de ceux qui se connaissent intérieurement. Ces êtres ont une certaine autorité, une certaine aura et un certain magnétisme, un charisme qui est capable de libérer de jeunes personnes de l’emprisonnement traditionnel.
L’homme réalisé ne peut pas être asservi – là est la difficulté – et il ne peut pas être emprisonné…. Chaque génie qui a découvert quelque chose de son intériorité sera difficile à absorber, il sera une force perturbatrice. Les masses ne veulent pas être dérangées, même si elles peuvent être dans la souffrance. Elles sont dans la souffrance, mais elles sont accoutumées à la souffrance et celui qui n’est pas dans la souffrance apparaît comme insolite, étranger.
L’homme réalisé est le parfait étranger dans ce monde, il ne semble appartenir à personne. Aucune organisation ne le limite, aucune communauté, aucune société, aucune nation.

Commentaire :

Le personnage puissant et autoritaire de cette carte est indubitablement le maître de son propre destin.
Sur son épaule figure l’emblème du soleil et la torche qu’il tient dans sa main droite symbolise la lumière de sa propre vérité acquise de haute lutte. Qu’il soit riche ou pauvre, le rebelle est vraiment un empereur car il a cassé les chaînes des conditionnements répressifs et des jugements de la société. Il s’est réalisé en embrassant toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, en émergeant des racines sombres et informes de son passé inconscient et en développant des ailes pour s’élancer dans le ciel.
Toute sa façon d’être est rébellion, non parce qu’il se bat contre quelqu’un ou quelque chose, mais parce qu’il a découvert sa véritable nature et est déterminé à vivre en accord avec elle. L’aigle est son animal tutélaire, le messager entre la terre et le ciel.
Le rebelle nous pousse à être assez courageux pour assumer la responsabilité de qui nous sommes et de vivre notre propre vérité.

La vacuité

Bouddha a choisi un mot très porteur “shunyata” – vacuité, vide, indifférencié.
Le mot anglais équivalent “no thingness” – “le rien”, n’est pas un mot aussi beau. C’est pour cela que je voudrais l’écrire : “no-thingness” – “le sans rien” parce que le rien n’est pas seulement rien, il est un tout, il est vibrant de toutes les possibilités. Il est un potentiel, un absolu potentiel. Il est non encore manifesté mais il contient tout.
Au commencement est la nature, au terme est la nature, aussi pourquoi tant d’agitation à propos de ce qui est entre. Pourquoi, dans ce qui est entre, devenir aussi tourmenté, aussi anxieux, aussi ambitieux, pourquoi créer tant de désespoir à propos de ce qui est entre ? De la vacuité à la vacuité, voilà tout le voyage.

Commentaire :

Être “dans un vide” peut être déroutant et même effrayant.
Rien auquel se raccrocher, le sens de l’orientation à disparu, pas même une indication sur les choix ou les possibilités à venir.
Mais c’est exactement cet état de pur potentiel qui existait avant la création de l’univers.
La seule chose que vous puissiez faire maintenant est de vous détendre dans cette vacuité, de vous laisser absorber par le silence entre les mots… Observez ce vide entre l’inspiration et l’expiration et chérissez chacun des moments de cette expérience. Quelque chose de sacré est sur le point de naître.

Les amoureux

Notez bien ces trois choses : L’amour au stade le plus primaire est la sexualité, c’est le niveau physique – à son niveau le plus raffiné l’amour devient compassion. La sexualité est en deçà de l’amour, la compassion est au-delà de l’amour. L’amour est exactement au milieu.
Très peu de gens connaissent ce qu’est l’amour, malheureusement quatre-vingt-quinze pour cent des gens pensent que la sexualité est de l’amour, il n’en est rien. La sexualité est animale. Assurément, elle a le potentiel de croître en amour mais elle n’est pas l’amour véritable, uniquement un potentiel…
Si vous devenez conscient et vigilant, méditatif, alors la sexualité peut être transformée en amour. Et si votre état méditatif devient total, absolu, l’amour peut se transformer en compassion. La sexualité est la graine, l’amour est la fleur, la compassion est le parfum.
Bouddha a défini la compassion comme étant “amour plus méditation”. Lorsque votre amour n’est pas uniquement un désir pour l’autre, lorsque votre amour n’est pas uniquement un besoin, lorsque votre amour est un partage, lorsque votre amour n’est pas celui d’un mendiant mais celui d’un empereur, lorsque votre amour ne demande rien en retour mais est seulement prêt à donner – à donner pour la seule joie de donner – alors ajoutez-lui la méditation et le parfum le plus pur est libéré : c’est la compassion. La compassion est le phénomène le plus élevé qui soit.

Commentaire :

Ce que nous appelons “amour” est en réalité tout l’éventail des modes relationnels, du plus terrestre au plus céleste.
Au plan le plus terrestre, l’amour est attraction sexuelle. Beaucoup d’entre nous restons figés à ce stade parce que nos conditionnements ont chargé notre sexualité de toutes sortes d’expectatives et de répressions. Le problème majeur dans l’amour physique est qu’il ne dure jamais. Ce n’est qu’en acceptant ce fait que nous pouvons véritablement célébrer la sexualité pour ce qu’elle est, accueillir ses ébats et la laisser aller avec gratitude lorsqu’elle n’est plus.
En mûrissant nous pouvons peu à peu faire l’expérience de l’amour qui existe au-delà de la sexualité et honorer l’individualité unique de l’autre. Nous commençons à comprendre que notre partenaire fonctionne bien souvent comme un miroir qui reflète les aspects non encore reconnus de notre réalité intérieure et qui nous soutient dans notre évolution.
Cet amour est fondé sur une liberté sans expectatives, ni besoins. Ses ailes nous portent toujours plus haut, vers l’amour universel qui éprouve tout comme Un.

La conscience

Le mental ne peut jamais être intelligent. Seul l’état de non-mental est intelligent. Seul l’état de non-mental est original, radical. Seul l’état de non-mental est révolutionnaire – une révolution en action.
Ce mental vous donne une sorte de stupeur. Accablé par les mémoires du passé, entravé par les projections dans le futur, vous vivez au minimum. Vous ne vivez pas au maximum. Votre flamme reste très terne.
Dès que vous commencez à lâcher les pensées, à nettoyer la poussière que vous aviez collectée par le passé, la flamme s’élève – propre, claire, vivante, neuve, une flamme sans fumée. Votre vie toute entière devient une flamme et c’est ce qu’est la conscience de soi.

Commentaire :

Le voile de l’illusion ou maya, qui vous a empêché de percevoir la réalité telle qu’elle est, commence à brûler. Le feu n’est pas celui, surchauffé de la passion, mais la flamme tranquille de la conscience de soi. À mesure qu’il brûle le voile, un visage délicat semblable à un bouddha-enfant se découvre. La conscience qui croît maintenant en vous n’est pas le résultat d’un “faire” conscient, ni même d’un effort de votre part pour qu’une chose se fasse. La sensation que vous pouviez avoir de tâtonner dans le noir se dissipe maintenant ou se dissipera très bientôt. Détendez-vous et rappelez vous qu’au fond de vous-même vous êtes un témoin, éternellement silencieux, conscient, immuable.
Un passage s’ouvre maintenant depuis la périphérie des activités vers ce centre témoin. Il vous aidera à devenir détaché et une nouvelle intelligence lèvera le voile de vos yeux.

Le courage

La graine ne peut pas savoir ce qui va se passer, la graine n’a jamais connu la fleur. Et la graine ne peut même pas croire qu’elle porte ce potentiel de devenir une fleur magnifique. Long est le voyage et il est toujours plus rassurant de ne pas entreprendre ce voyage car le chemin est inconnu, rien n’est garanti.
Rien ne peut être garanti. Mille et un sont les hasards du voyage, nombreux sont les écueils et la graine est en sécurité, cachée dans une gangue dure. Pourtant la graine essaye, fait un effort, elle lâche la sécurité de la gangue, elle commence à bouger. Immédiatement le combat s’engage : la bataille avec le sol, avec les pierres, avec les rocs. Or la graine était très résistante et la pousse sera très, très tendre et les dangers seront nombreux.
Il n’y avait aucun danger pour la graine, la graine pouvait survivre des millénaires, mais pour la pousse, nombreux sont les dangers. Pourtant la pousse se dirige vers l’inconnu, vers le soleil, vers la source de la lumière, ne sachant où, ne sachant pourquoi. Lourde est la croix à porter, mais un rêve s’est emparé de la graine et la graine avance.
Le chemin de l’homme est identique. Il est ardu. Beaucoup de courage sera nécessaire.

Commentaire :

Cette carte montre une petite fleur sauvage qui va rencontrer le défi de la roche et de la pierre sur son chemin pour émerger dans la lumière du jour. Entourée d’une brillante aura dorée, elle expose la majesté de sa petitesse. Sans honte, elle se montre l’égale du plus brillant soleil.
Lorsque nous sommes confrontés à une situation difficile, nous avons le choix : soit nous pouvons être rancunier et essayer de trouver quelqu’un ou quelque chose à blâmer pour ces difficultés, soit nous pouvons faire face à ce défi et croître.
La fleur nous montre la voie, sa passion pour la vie la mène des ténèbres à la lumière. Il ne sert à rien de se battre contre les défis de la vie, d’essayer de les éviter ou de les nier. Ils sont là et si la graine doit devenir une fleur, nous devons traverser les épreuves.
Soyez assez courageux pour devenir la fleur que vous êtes destinés à être.

La solitude

Lorsque vous êtes seul, vous n’êtes pas seul, vous êtes simplement esseulé – et il existe une énorme différence entre solitude et isolement. Lorsque vous êtes esseulé, vous pensez à l’autre, l’autre vous manque.
L’isolement est un état négatif. Vous ressentez que ce serait mieux si l’autre était là – votre ami, votre femme, votre mère, votre bien-aimé, votre mari. Cela aurait été bon si l’autre était là, mais l’autre n’est pas là.
L’isolement c’est l’absence de l’autre. La solitude c’est la présence de soi-même. La solitude est très positive. C’est une présence, un débordement de présence. Vous êtes si empli de présence que vous pouvez remplir l’univers entier de votre présence et il n’y a besoin de personne.

Commentaire :

Lorsqu’il n’y a plus “d’être cher” dans notre vie, nous pouvons soit nous sentir esseulé, soit apprécier la liberté qu’apporte la solitude.
Lorsque nous ne trouvons aucun soutien auprès des autres en regard de nos vérités profondément pressenties, nous pouvons soit nous sentir isolé et amer, soit célébrer le fait que notre vision est assez forte pour survivre au formidable besoin humain d’approbation, qu’elle vienne de la famille, d’amis ou de collègues.
Si vous faites face actuellement à une telle situation, soyez conscient de la manière dont vous choisissez d’envisager votre “solitude” et assumez la responsabilité du choix que vous aurez fait.
L’humble figure de cette carte irradie d’une lumière qui émane de l’intérieur. Une des contributions les plus significatives de Gautama Bouddha à la vie spirituelle de l’humanité a été d’insister auprès de ses disciples : “soyez votre propre lumière“. En définitive, chacun d’entre nous doit développer en lui-même la capacité à trouver son chemin dans les ténèbres, sans compagnon, carte ou guide.

Le changement

La vie se répète de manière indifférente – à moins que vous ne deveniez attentif, elle continuera de se répéter comme une roue. C’est pour cela que les bouddhistes la nomment la roue de la vie et de la mort, la roue du temps. La vie tourne comme une roue : la naissance est suivie de la mort, la mort est suivie de la naissance, l’amour est suivi de la haine, la haine est suivie par l’amour, le succès est suivi par l’échec, l’échec est suivi par le succès. Voyez pour vous-même !
Si vous pouvez observer ne serait-ce que pendant quelques jours, vous remarquerez qu’un schéma émerge, celui d’une roue.
Un jour, un beau matin, vous vous sentez en pleine forme, si joyeux et un autre jour vous êtes si misérable, si terne que vous penser à vous suicider. Et pourtant l’autre jour vous étiez si plein de vitalité, si extatique que vous vous sentiez reconnaissant envers Dieu, que vous étiez dans une disposition de reconnaissance profonde or aujourd’hui vous vous plaignez et ne voyez pas pourquoi on devrait continuer à vivre….
Et cela se répète sans cesse, mais vous n’en voyez pas le schéma. Dès que vous voyez le schéma, vous pouvez en sortir.

Commentaire :

Le symbole sur cette carte est une roue immense symbolisant le temps, le destin, le karma. Les galaxies tournent autour de ce cercle en constant mouvement et les douze signes du zodiaque apparaissent à sa circonférence.
Juste à l’intérieur de la circonférence se trouvent les huit trigrammes du Yi King et plus près du centre se trouvent les quatre directions, chacune illuminée par l’énergie de l’éclair. Le triangle en rotation pointe pour l’instant vers le haut, vers le divin, contenant en son centre le symbole chinois du yin et du yang, du masculin et du féminin, du créatif et du réceptif.
L’on a souvent dit que la seule chose qui ne change jamais dans ce monde est le changement. La vie change continuellement, évolue, meurt et renaît sans cesse, c’est l’impermanence ! Tous les opposés jouent un rôle dans ce vaste motif circulaire.
Si vous vous accrochez au bord de la roue le vertige vous guette ! Dirigez-vous vers le centre de ce cyclone et détendez-vous sachant que cela aussi passera.

La percée

Toute la fonction d’un maître est de transformer une dépression en percée. Le psychothérapeute ne fait que vous retaper, c’est sa fonction. Il n’est pas là pour vous transformer. Vous avez besoin d’une métapsychologie, la psychologie des Bouddhas.
C’est la plus grande aventure de la vie de traverser une dépression consciemment. C’est aussi le plus grand risque car il n’y a aucune garantie que la dépression deviendra une percée. Elle se produira, mais ces choses ne peuvent pas être garanties. Votre chaos intérieur est très ancien – vous êtes dans le chaos depuis de nombreuses et de nombreuses vies. Il est épais et dense. Il est presque un univers en lui-même. Aussi lorsque vous entrez en lui avec votre petite capacité, le danger est là bien sûr. Pourtant, sans faire face à ce danger, nul n’est jamais devenu intégré, nul n’est jamais devenu un individu, indivisible.
Le Zen ou la méditation est la méthode qui va vous aider à traverser ce chaos, à traverser la nuit noire de l’âme d’une manière équilibrée, disciplinée, vigilante. L’aube n’est pas loin, mais avant de pouvoir l’atteindre, la nuit noire de l’âme doit être traversée. Et comme l’aube approche, la nuit se fait plus noire.

Commentaire :

La dominance du rouge sur cette carte indique du premier coup d’œil qu’il s’agit d’énergie, de puissance, de force. La lueur brillante émanant du plexus solaire ou centre de puissance du personnage et sa posture, montrent l’exubérance et la détermination.
Tous, nous touchons parfois ce moment où “trop c’est trop”. En de tels moments, il semble que nous devions faire quelque chose, quoi que ce soit, même si plus tard cela s’est avéré être une erreur, afin de faire voler en éclats les fardeaux et les restrictions qui nous limitent. Si nous ne le faisons pas elles menacent d’asphyxier et de mutiler notre énergie vitale.
Si vous ressentez maintenant que : “trop c’est trop” accordez-vous le droit de prendre le risque de faire voler en éclats les vieux scénarios et les limitations qui ont retenu le flot de votre énergie. Ce faisant vous serez étonné de la vitalité et de la puissance que cette Percée peut apporter à votre vie.

La nouvelle vision

Lorsque vous vous ouvrez à l’ultime, immédiatement il se déverse en vous. Vous cessez d’être un être humain ordinaire, vous avez transcendé l’humain. Votre conscience devient celle de toute l’Existence. Maintenant vous n’êtes plus séparé, vous avez trouvé vos racines.
De manière générale, tout le monde est sans racines, ignorant d’où leur cœur tire son énergie, ne sachant pas “qui” en eux respire, ne percevant pas la sève vitale qui coule en eux.
Ce n’est pas le corps, ce n’est pas le mental – c’est quelque chose qui transcende toutes les dualités et que l’on appelle Bhagavat, Le Bhagavat dans les dix directions.
Lorsque votre être intérieur s’ouvre, il fait d’abord l’expérience des deux directions, la hauteur, la profondeur. Puis peu à peu, cette vision se stabilise, alors vous commencez à regarder autour de vous et à rayonner dans les huit autres directions.
Et lorsque vous avez atteint le point où votre hauteur et votre profondeur se rencontrent, alors vous pouvez regarder vers les confins de l’univers. Alors votre conscience se déploie dans les dix directions, mais le chemin a été Un.

Commentaire :

Le personnage de cette carte est en train de renaître, émergeant de ses racines terrestres, acquérant des ailes pour voler vers l’infini.
Les formes géométriques qui entourent le corps du personnage montrent les nombreuses dimensions de la vie qui lui sont simultanément disponibles. Le carré représente le monde physique, le manifesté, le connu. Le cercle représente le non-manifesté, l’esprit, le pur espace. Et le triangle symbolise les trois aspects de l’univers : Le manifesté, le non-manifesté et l’être humain contenant les deux.
En ce moment une opportunité s’offre à vous de voir la vie dans toutes ses dimensions, depuis les profondeurs jusqu’aux sommets. Tout co-existe et lorsque nous sommes amenés à connaître, par expérience, que le noir et le difficile sont tout autant nécessaire que la lumière et le facile, alors nous commençons à avoir une perspective différente du monde.
En permettant à toutes les couleurs de la vie de nous pénétrer, nous devenons plus intégré.

La transformation

Un maître Zen n’est pas simplement un enseignant. Dans toutes les religions, il n’y a que des enseignants. Ils vous enseignent des sujets que vous ne connaissez pas et vous demandent de croire parce qu’il n’y a pas d’autres moyens pour traduire ces expériences dans une réalité objective. L’enseignant ne les a, lui non plus, pas connues – il les a crues, il transfère sa croyance à quelqu’un d’autre.
Le monde du Zen n’est pas un monde de croyant. Il n’est pas fait pour les fidèles, il est pour les âmes courageuses qui peuvent lâcher : croyance, scepticisme, doute, raison, mental et simplement entrer dans leur pure existence sans limites.
Mais cela apporte une énorme transformation. Aussi laissez-moi vous dire que pendant que d’autres sont impliqués dans des philosophies, le Zen est impliqué dans la métamorphose, dans la transformation. C’est une alchimie authentique : elle vous transforme de métal vil en or pur. Mais son langage doit être compris, non pas avec votre mental intellectuel et raisonneur mais avec votre cœur aimant. Où même simplement en écoutant, sans-même vous préoccupez de savoir si cela est vrai ou faux.
Et soudain ! un moment arrive où vous voyez ce qui vous a échappé toute votre vie. Soudain s’ouvrent ce que Gautama Bouddha appelait les “quatre-vingt-quatre mille portes”.

Commentaire :

La figure centrale de cette carte est assise sur la vaste fleur du vide et tient dans ses mains les symboles de la transformation : l’épée qui tranche l’illusion, le serpent qui se régénère en muant, les chaînes brisées des limitations et le symbole yin – yang du dépassement de la dualité. Une de ses mains repose, ouverte et réceptive, sur son genou. L’autre tend vers le bas jusqu’à toucher la bouche d’un visage endormi, qui symbolise le silence qui émane lorsque nous sommes au repos.
Le moment est venu pour un profond lâcher prise. Laissez toute douleur, chagrin ou difficulté être simplement là, acceptez-en les faits. C’est très similaire à l’expérience de Gautama Bouddha lorsque après des années de quête, il abandonna, sachant qu’il ne pouvait rien faire de plus. Cette même nuit, il se réalisa.
La transformation arrive, comme la mort, à son heure et comme la mort elle vous emmène d’une dimension dans une autre.

L'intégration

Le conflit est en vous-même et il ne peut être résolu nulle part ailleurs qu’à l’intérieur de vous même. La politique est en vous, entre les deux lobes de votre cerveau. Un tout petit pont existe. Si ce pont est détruit par accident, par quelque défaut physiologique ou quelque chose d’autre, la personne devient divisée, la personne devient deux personnes – et le phénomène de la schizophrénie ou du dédoublement de la personnalité se produit.
Si le pont est détruit – et le pont est très fragile – alors vous devenez deux, vous vous comportez comme deux personnes séparées. Le matin vous êtes très aimant,  charmant et le soir vous êtes très en colère, absolument différent. Et vous ne vous souvenez pas de comment vous étiez le matin… Comment le pouvez-vous ? Un autre mental fonctionnait en vous – et la personne est devenue deux personnes.

Mais si ce pont est renforcé tant et si bien que ces deux « mental » se fondent en un seul, alors il y a intégration et une cristallisation émerge. Ce que Georges Gurdjieff avait coutume d’appeler la cristallisation de l’être n’est rien d’autre que ces deux cerveaux devenant un, la rencontre du masculin et du féminin intérieur, la rencontre du yin et du yang, la rencontre de la gauche et de la droite, la rencontre de la logique et de l’illogique, la rencontre de Platon et d’Aristote.

Commentaire :

L’image de l’intégration est celle de l’union mystique, la fusion des opposés. Arrive maintenant le temps de la communication entre les dualités de la vie précédemment expérimentées. La nuit ne s’oppose plus au jour, les ténèbres ne suppriment plus la lumière, ils œuvrent ensemble pour créer un tout unifié, l’un devenant inlassablement l’autre, chacun contenant dans son intime profondeur la potentialité de son contraire.
L’aigle et le cygne sont tous deux des êtres volants majestueux. L’aigle incarne la puissance et la solitude. Le cygne incarne l’espace et la pureté. Ils nagent paisiblement sur les flots de l’émotion ou plongent en eux, contents et complets dans leur propre perfection et beauté.
Nous sommes l’union de l’aigle et du cygne : du masculin et du féminin, du feu et de l’eau, de la vie et de la mort. La carte de l’intégration symbolise le renouvellement de soi, une nouvelle vie, une union mystique ou alchimie.

Le conditionnement

À moins de renoncer à votre personnalité, vous ne serez pas à même de trouver votre individualité. L’individualité est donnée par l’existence. La personnalité est imposée par la société. La personnalité est une convention sociale.
La société ne peut pas tolérer l’individualité parce que l’individualité ne suivra pas comme un mouton. L’individualité a la qualité du lion, le lion se déplace seul. Les moutons sont toujours dans la foule, espérant qu’être dans la foule est confortable. Dans la foule, on se sent plus protégé, plus en sécurité. Si quelqu’un attaque, toutes les possibilités sont là dans la foule pour vous en sortir sain et sauf. Alors que tout seul… Seuls les lions se déplacent seuls.
Et chacun d’entre vous est né lion, mais la société continue de vous conditionner, de programmer votre mental en tant que mouton. Cela vous donne une personnalité, une personnalité confortable, polie, très commode, très obéissante.
La société veut des esclaves, non des gens épris de liberté. La société veut des esclaves parce que tous les intérêts établis demandent obéissance.

Commentaire :

Cette carte fait allusion à une vieille histoire Zen au sujet d’un lion qui avait été élevé par des moutons et qui se croyait un mouton, jusqu’au jour où un vieux lion le captura, l’emmena vers une mare et lui monta son propre reflet.
Beaucoup d’entre nous sommes comme ce lion – l’image que nous avons de nous-même ne vient pas de notre expérience directe mais de l’opinion des autres.
Une “personnalité” imposée de l’extérieur remplace l’individualité qui aurait pu croître de l’intérieur. Nous devenons un autre mouton parmi le troupeau, incapable de nous mouvoir librement et non-conscient de notre véritable identité.
Le moment est venu de regarder votre propre reflet dans la mare et d’agir pour vous libérer de ce que les autres vous ont conditionné à croire sur vous-même.

Dansez, courez, prononcez des paroles sans queue ni tête, faites tout ce qui est nécessaire pour réveiller le lion qui dort en vous.

La foudre

Ce que la méditation permet, lentement, lentement, le cri inattendu du maître au moment où le disciple pose une question,  le maître saute et crie, ou le gifle, ou encore le jette dehors, ou lui saute dessus…
Ces méthodes nous étaient inconnues. Elles proviennent du génie créatif du maître Zen MatZu qui a guidé beaucoup de gens vers l’éveil.
C’est parfois si surprenant : il jeta un homme depuis une fenêtre, un bâtiment de deux étages, qui était venu demander sur quoi méditer. Et MatZu ne l’a pas seulement jeté, il a sauté après lui, lui est tombé dessus, s’est assis sur sa poitrine et a dit : ” T’as compris ?” Et le pauvre diable a dit “oui” – parce que si vous dites “non” il pourrait vous battre ou faire autre chose. C’est assez, son corps est fracturé et MatZu, assis sur sa poitrine, disant : “T’as compris ?” Et en fait il a compris, parce que c’était si soudain, inattendu – il n’aurait jamais pu imaginer une telle chose.

Commentaire :

La carte montre une tour qui brûle, détruite, s’effondrant. Un homme et une femme se jettent dans le vide, non par choix, mais parce qu’ils n’ont plus d’autre issue. À l’arrière-plan, on distingue une figure translucide en état de méditation, elle représente la conscience témoin.
Vous pouvez vous sentir quelque peu ébranlé en ce moment, comme si la terre tremblait sous vos pieds. Votre sens de la sécurité est menacé et la tendance naturelle est d’essayer de s’accrocher à tout ce que nous pouvons. Mais ce tremblement de terre intérieur est nécessaire et extrêmement important. – Si vous le laissez être, vous sortirez plus fort du désastre, plus disponible à de nouvelles expériences.
Après le feu, la terre se renouvelle, après la tempête, l’air est pur. Essayez d’observer la destruction avec détachement, presque comme si cela arrivait à quelqu’un d’autre. Dites oui au processus en cours en allant à sa rencontre.

Le silence

L’énergie du Tout a pris possession de vous. Vous êtes possédé, vous n’êtes plus, l’Un existe.
Dans cet instant, alors que le silence vous pénètre, vous en comprenez le sens, parce que c’est le même silence que celui que Gautama Bouddha a connu. C’est le même silence que celui de Chuang Tzu ou Bodhidarma ou Nansen… La saveur du silence est la même.
Les temps changent, le monde change sans cesse, mais l’expérience du silence, la joie qui en découle restent les mêmes. C’est la seule chose sur laquelle vous pouvez compter, la seule chose qui ne meurt jamais. C’est la seule chose que vous pouvez appeler votre être véritable.

Commentaire :

Tel un miroir, la réceptivité silencieuse d’une nuit étoilée de pleine lune est reflétée en bas dans le lac brumeux. Le visage dans le ciel est en profonde méditation, la déesse de la nuit qui apporte profondeur, paix et compréhension. Arrive maintenant un temps précieux. Il vous sera facile de vous reposer intérieurement, de sonder les profondeurs de votre propre silence intérieur jusqu’au point où il rencontre le silence de l’univers. Il n’y a rien à faire, nulle part ou aller et la qualité de votre silence intérieur transpire dans tout ce que vous faites.
Cela peut indisposer certaines personnes, accoutumées qu’elles sont à tout le bruit et l’activité du monde. Peu importe, cherchez celles qui peuvent résonner avec votre silence ou chérissez votre solitude. Le temps est maintenant venu de « revenir chez-vous », d’être en vous-même. La compréhension et les prises de conscience qui viennent à vous en ce moment se manifesteront plus tard, dans une phase plus extérieure de votre vie.

Les vies antérieures

L’enfant ne peut devenir conscient que si, dans sa vie précédente, il a suffisamment médité, s’il a créé assez d’énergie méditative pour combattre les ténèbres que la mort apporte. L’on est simplement perdu dans un état d’oubli et soudain une nouvelle matrice est trouvée et l’on oublie complètement l’ancien corps. Il y a une discontinuité. Ces ténèbres et cette inconscience créent la discontinuité.
L’Orient a travaillé dur pour pénétrer ces barrières et dix mille ans d’efforts n’ont pas été vains. Chacun peut accéder à une vie passée ou à plusieurs vies antérieures.
Mais pour cela vous devez approfondir votre méditation, pour deux raisons : à moins que vous ne plongiez profondément, vous ne trouverez pas la porte d’accès à une autre vie, deuxièmement, il vous faut être en méditation profonde car si vous trouvez la porte d’entrée d’une autre vie, un flot d’événements surgira dans votre mental. C’est déjà difficile de porter une vie ………..

Commentaire :

Sur cette carte, les mains de l’existence prennent une forme utérine, l’ouverture à la mère cosmique. De nombreuses images se révèlent à l’intérieur, visages d’un autre temps.
Alors qu’il serait amusant de fantasmer à propos de vies antérieures fameuses, cela ne serait qu’une distraction. Le point important est de voir et comprendre les schémas cycliques de nos vies et leurs racines dans ce cycle répétitif sans fin qui nous enferment dans des comportements inconscients.
Les deux lézards couleur arc-en-ciel de chaque côté représentent le connu et le non connu. Ils sont les gardiens de l’inconscient, s’assurant que nous sommes préparés à une vision qui pourrait être fracassante. Un aperçu de l’éternité de notre existence est un cadeau et comprendre la fonction des schémas cycliques dans nos vies n’est pas une chose que l’on peut saisir à volonté.
C’est un appel au réveil, les évènements de votre vie tentent de vous montrer un schéma aussi ancien que le voyage de votre propre âme.

L'innocence

Le Zen dit que si vous lâchez le savoir – et dans le savoir tout est inclus, votre nom, votre identité, tout, parce que cela vous a été donné par les autres – si vous lâchez tout ce qui vous a été donné par les autres, vous aurez une qualité d’être totalement différente : l’innocence.
Ce sera la crucifixion de la persona, de la personnalité et il y aura une résurrection de votre innocence. Vous deviendrez de nouveau un enfant “re-né”.

Commentaire :

Le vieil homme de cette carte rayonne une joie enfantine dans le monde. Une sorte de grâce l’entoure, comme s’il était à l’aise avec lui-même et avec ce que la vie lui a apporté. Il semble avoir une joyeuse communication avec la mante religieuse sur son doigt, comme si tous les deux étaient les plus grands amis. Les fleurs roses tombant en cascade autour de lui représentent un temps de lâcher prise, de relaxation, de douceur. Elles sont une réponse à sa présence, un reflet de ses qualités authentiques.
L’innocence qui provient d’une profonde expérience de vie est enfantine mais non pas puérile. L’innocence des enfants est belle mais ignorante. Elle sera remplacée par le manque de confiance et le doute au fur et à mesure que l’enfant grandit et apprend que le monde peut être un lieu dangereux et menaçant. Mais l’innocence d’une vie vécue complètement possède une qualité de sagesse et d’acceptation devant l’émerveillement du perpétuel changement de la vie.

Au-delà de l'illusion

C’est la seule distinction entre le rêve et le réel, la réalité vous permet de douter et le rêve ne vous permet pas de douter…
Pour moi, la capacité à douter est l’une des plus grandes bénédictions de l’humanité. Les religions ont été ennemies parce qu’elles ont coupé le doute à sa racine même et il y a une raison pour laquelle elles ont fait cela : parce qu’elles veulent que les gens croient en certaines illusions qu’elles ont prêchées… Pourquoi des gens comme Gautama Bouddha ont-ils été si insistant à dire que l’existence entière – exception faite de votre témoin intérieur, de votre conscience de soi – est éphémère, faite de la même substance dont sont faits les rêves ? Ils ne disent pas que ces arbres ne sont pas là. Ils ne disent pas que ces piliers ne sont pas là. Ne vous méprenez pas du fait du mot “illusion”. Il a été traduit comme “illusion”, mais illusion n’est pas le mot juste. L’illusion n’existe pas. La réalité existe. Maya est simplement entre les deux – elle existe presque. Les activités quotidiennes peuvent être considérées comme réelles. C’est uniquement dans son sens ultime, du sommet de votre réalisation que cela s’avère non réel, illusoire.

Commentaire :

Le papillon de cette carte représente l’extérieur, ce qui est en perpétuel mouvement, ce qui n’est pas réel mais illusion. Derrière le papillon se dessine le visage de la conscience qui regarde vers l’intérieur, vers ce qui est éternel. L’espace entre les deux yeux s’est ouvert, révélant le lotus de l’épanouissement spirituel et le soleil levant de la conscience.
Sous l’effet du soleil levant intérieur, la méditation est née.
La carte nous invite à ne pas chercher à l’extérieur ce qui est réel, mais à regarder vers l’intérieur. Lorsque nous portons notre attention vers l’extérieur, nous sommes trop souvent pris dans les jugements – c’est bien, c’est mal, je veux ceci, je ne veux pas cela. Ces jugements nous maintiennent dans nos illusions, dans notre endormissement, dans nos vieux modèles et habitudes.
Lâchez votre mental dogmatique et entrez en vous-même. Là, vous pouvez vous relaxer dans votre vérité la plus profonde où la différence entre rêve et réalité est déjà connue.

L'achèvement

C’est le chemin du Zen de ne pas exprimer complètements les choses. Ceci doit être compris, c’est une méthodologie très importante. Ne pas tout dire laisse à l’auditeur la possibilité de compléter.
Toutes les réponses sont incomplètes. Le maître vous a simplement donné une direction… Au moment où vous atteindrez la limite, vous saurez ce qui va rester. De cette façon, si quelqu’un essaye de comprendre intellectuellement le Zen, il échouera. Ce n’est pas une réponse à la question mais quelque chose de plus que la réponse. Cela indique la réalité elle-même…
La nature du bouddha n’est pas quelque chose de très éloigné – votre conscience même est la nature du Bouddha. Et votre conscience de Soi peut être le témoin de tout ce qui constitue le monde. Le monde arrivera à sa fin, mais le miroir restera, reflétant le vide.

Commentaire :

Ici la dernière pièce du puzzle est mise en place, à l’endroit du troisième œil, le lieu de la perception intérieure.
Même dans flot toujours changeant de la vie, il y a des moments où nous arrivons à un point d’achèvement. Dans ces moments nous sommes à même d’avoir une vue d’ensemble, l’impression combinée de toutes les pièces qui ont occupé notre attention pendant si longtemps. A ce stade, nous pouvons, soit être désespéré parce que nous ne voulons pas que la situation arrive à une fin, soit être reconnaissant en acceptant le fait que la vie est pleine d’aboutissements et de nouveaux commencements.
Ce qui a jusqu’ici absorbé votre temps et votre énergie arrive maintenant à sa fin. En le terminant, vous ferez de la place pour que quelque chose de nouveau commence. Utiliser cet intervalle pour célébrer les deux – la fin de l’ancien et l’avènement du nouveau.

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